ACADEMIY DU GALO

Académie du Gallo



Quelques conseils pour une appropriation rapide du gallo écrit
      à l'usage des (néo-)gallophones




Petite introduction pour bien démarrer

Apprendre, c'est toujours un peu d'effort, un investissement !
    L'acquisition orale de toute langue maternelle est un processus long et on a oublié depuis longtemps cette première période de la vie ! En revanche, l'école nous a laissé un certain nombre de souvenirs pour apprendre à écrire le français sans trop de fautes ...
    Encore un peu plus tard, chacun a pu constater que si le vocabulaire de l'anglais a repris une large partie du vocabulaire français, le seul usage d'un dictionnaire français/anglais ne nous rend pas capable d'écrire en anglais, ni même le parler !

    La conclusion d'impose d'elle-même: ni l'acquisition d'une langue orale ni l'apprentissage d'une langue écrite sont innés, ils requièrent un minimum d'effort !

Pourquoi apprendre l'écriture d'une langue ?
    Il apparaît évident qu'il faut utiliser les conventions d'écriture reconnues pour la langue si nous voulons que nos messages écrits soient lus puis compris par les autres.
    Si les fautes d'orthographe ou de grammaire des apprenants sont bien évidemment tolérées et souvent aimablement rectifiées, il n'en va pas de même pour des personnes n'ayant pas la qualité d'apprenant.

La particularité des langues orales sans (ou très peu) littérature écrite
    L'Histoire nous a montré que tout peuple, tous groupes importants de personnes déplacées, souvent contre leur gré, dans un autre environnement également souvent hostile (esclavage) ont fait fortement évoluer leur langue d'origine avec la langue dominante à laquelle ils étaient confrontés.
    C'est le phénomème de la créolisation, la création d'une nouvelle langue sur des bases majoritairement orales.

Maintenant, revenons à la langue gallo.
    Le gallo était et est encore une langue orale avec peu d'écrits. L'arrêt rapide de l'usage courant du gallo à partir des années 1960, puis de la disparition progressive des gallophones natifs, maintenant tous bilingues, ont conduit naturellement quelques lettrés à écrire en gallo et autour du gallo pour éviter la disparition de la langue.
    Comme rappelé dans notre précédente fiche, les efforts de fixation du gallo écrit ont été et sont toujours faits dans un contexte très individualisé.

    Si on constate avec grande satisfaction d'un regain de "brut" ("buzz") autour du gallo, il n'en demeure pas moins que l'activisme hyper pressé conduit de nombreux néo-gallophones à écrire phonétiquement le gallo comme ils l'ont entendu (souvent auprès d'autres néo-gallophones) et hélas avec des conventions d'écriture du français inadaptées à un gallo littéraire. Inutile de préciser que vous ne trouverez aucun dictionnaire ni grammaire pour décrire leur façon personnelle d'écrire leur parler !

    Continuer sur cette lancée signera l'extinction rapide du gallo puis de son oubli faute de capacité de transmission par un écrit normalisé.
    Alors, il est de notre devoir, à chacun, d'utiliser a minima l'orthographe normalisée du gallo afin que notre langue puisse être encore lue et comprise aujourd'hui et demain, non seulement en Bretagne mais dans le monde entier, là où vivent les Bretons de notre "6ème département" !


Conseils pour s'approprier plus vite le gallo écrit

    Les quelques conseils dans cette page ciblent les principales fautes d'orthographe qu'on rencontre très fréquemment sur internet et dans des publications.
    Pour des explications plus détaillées, n'hésitez pas à consulter nos Dossiers linguistiques et bien sûr de notre Ecole du Gallo.


→ Le gallo n'est pas du français !

    Ecrire du gallo en français donnera du mauvais ... français ! Et comme il n'y aura pas de dictionnaire de "gallo francisé", pratiquement personne ne vous comprendra.

→ Comme pour toute langue, le gallo oral et le gallo écrit sont différents !

    Parler une langue ne rend pas capable de la lire ni de l'écrire sans un apprentissage minimal.

    La chance du gallo, comme toute langue orale qui se dote d'une écriture normalisée, est que son système d'écriture a pu être optimisé au maximum tout en tenant compte des variations locales et en respectant l'étymologie de son vocabulaire.

→ La graphie du Gallo respecte respecte ses origines tout en étant indépendante de toute langue dominante.

    La graphie soutenue par l'Académie du Gallo place le gallo parmi les langues romanes tout en faisant ressortir sa spécifité.
    De plus, cette graphie, si elle réfère à une origine latine, marque son indépendance par rapport à une langue dominante.

    Tout en respectant son étymologie, elle ne perd rien en lisibilité.
    A titre d'exemples, raezon rappelle clairement le latin ratio (qu'on retrouve dans le français rationnel), baesser du latin bassus (français basse) ou encore naez du latin nasus (français nasal, naseau).

→ Une lettre muette est une lettre qui existe !

    Si la non-prononciation de la lettre finale (*) est pratiquement (**) une règle d'or en gallo, cela ne signifie pas qu'elle n'existe pas ! Et bien évidemment on la retrouvera dans d'autres mots déclinés.
empllacpllacer
journjournal (diurne)
  *  ou parfois groupe de lettres
  ** comme toute règle, elle a ses rares exceptions.


→ Connaître l'écriture des 8 lettres spécifiques du gallo

    • La lettre double "LL" indique une "mouillure" pour 5 consonnes:
BLLbllanc  

CLLecllerer  

FLLfllame  

GLLglland  

PLLplley  


    • Les lettres doubles "GH" et "QH" qui précèdent les voyelles E, I et U marquent un ajout sonore équivalent à "ch".
GHaghuzer  

QHqhette  


    • La lettre double "LH" marque un son palatisé.
LHalhours  



→ Connaître l'écriture des 3 terminaisons courantes du gallo

    L'erreur courante est de retrouver en gallo les terminaisons françaises é/ée ou ie.
    Pour ces terminaisons romanes, le gallo est plus précis.

• La terminaison -ae marque le participe passé ou l'adjectif masculin issu du participe passé ou le nom commun d'une chose abstraite
il sont échaodae (ils sont échaudés)
il ét mariae (il est marié)
la bontae (la bonté)
la suretae (la sûreté en tant que qualité)

• La terminaison -ey marque le nom commun féminin d'une chose concrète ou l'adjectif féminin issu d'un participe passé
ol ét mariey (elle est mariée)
la suretey (la sûreté en tant que dispositif concret)
la plley

• La terminaison -iy marque le nom commun féminin d'un état
la leiriy
la maladiy
la roujiy

  Note importante
    La lettre finale -y qu'on retrouve dans les terminaisons -ey et -iy marque un allongement légèrement mouillé de la lettre précédente.
    Le "ée" final d'un mot féminin français ne reproduit pas cet allongement et donc n'existe pas en gallo ! (exemple: le vin rosé ou la rosée n'ont pas de différence de prononciation).

→ Connaître le signe diacritique ` spécifique au gallo

    Le ù indique une diphtongaison.
heùder
    Le -où- comme dans le nom féminin poùr (peur)
marque la différence nette avec la préposition pour (dans le 1er cas la lettre finale ne se prononce pas).

    L'usage des autres signes diacritiques en gallo est similaire au français.


→ Connaître les 4 groupes de lettres d'optimisation des variantes locales

• le graphème ae se prononce é devant un s ou un z (raezon), ou e dans toçae ou è dans Bertaegne

• le graphème ai se prononce a ou è ou ail suivant les zones géographiques.

• le graphème ei se prononce e dans neit ou é dans peis

• le graphème aije marque une diphtongaison spécifique au -ai-.

cf l'Ecole du Gallo (prononciation) pour les cas d'usage de ces variations