ACADEMIY DU GALO

Académie du Gallo



    Diphtongues issues d'un L latin


Les diphtongues



Etat des lieux

     Un phénomène remarquable des langues romanes est la vocalisation du L latin antéconsonnantique. Avec la voyelle qui le précède, il a donc formé une diphtongue. Cependant, nous ne connaissons plus de diphtongues en fr. car celles-ci se sont réduites au cours du temps.

     Il n’en est rien en gallo où elles se sont maintenues jusqu’à aujourd’hui. Nous connaissons globalement 4 diphtongues :


Évolution historique

    Reprenons le cours de l’Histoire. Sur ce qui va devenir le domaine roman, vers le VIII° ou IX° siècle, le /l/ devant consonne se vocalise en /w/, créant ainsi des diphtongues spécifiques.
    Le gallo en garde trace avec les quatre voyelles impliquées a, e, i, o.
     Le français a depuis fait disparaître toutes ces diphtongues. Les marques qui subsistent dans la langue sont purement graphiques notamment avec le a (au, eau) sans que son système phonétique en soit affecté. Disons qu’il s’agit simplement d’archaismes graphiques.

    Ces mouvements n’ont pas affecté les autres langues latines (chaud → catalan calenta, castillan caliente, italien caldo). Ils se réalisaient le plus souvent devant un « s », mais pas uniquement, comme le confirme l’exemple précédent.

    Si autour de l’an 1000, la prononciation en Bretagne romane est commune avec celle de tout le domaine d’oïl, il faudrait pour expliquer cette divergence avec le français actuel, non pas expliquer l’évolution du gallo, mais celle du français qui s’en est détaché. Là n’est pas notre sujet.

    La conservation des diphtongues reste emblématique du gallo même si, le plus souvent en finale, les semi-consonnes, au même titre que les consonnes, ont pu s’amuïr. Cette semi-consonne /w/ va être notée par la reprise du « u » latin pour sa graphie française depuis les textes médiévaux.

    Et en gallo, comment la transcrire ?