ACADEMIY DU GALO

Académie du Gallo



Eléments de linguistique



    La présente page a pour simple objectif de rappeler quelques définitions utiles pour les fiches de cette section.
    Les spécificités remarquables du gallo sont repérées avec le format de cette présente phrase.

Graphie

    Une graphie est une représentation écrite d'un mot ou d'une lettre. Elle peut concerner l'orthographe ou bien la typographie.

Caractère

    Le caractère est un signe écrit ou gravé.

Lettre

    La lettre est un caractère représentant un son de la parole; c'est un signe de la graphie.

Alphabet

    L'alphabet est une suite généralement ordonnée de lettres utilisées dans la graphie pour une langue donnée.
    L'aphabet du gallo comporte 23 lettres (cf l'Ecole du gallo / prononciation).


Phonème

    Un phonème est un élément sonore du langage parlé qui est considéré comme une unité distinctive.


Graphème

    Un graphème est une lettre ou un groupe de lettres pour retranscrire un phonème.

    Malgré un nombre élevé de diptongues et triphtongues par rapport au français, le gallo possède un jeu de graphèmes très optimisé et non (ou rarement) ambigu.

    Les premiers efforts de convergence dite "ABCD" (normalisation des qh, gh et ll après consonne), il y a une dizaine d'années, n'ayant pas eu de suite, l'Académie du Gallo a poursuivi cet effort de normalisation en prenant en compte 2 critères majeurs : le respect des variantes locales et une non-ambiguïté d'écriture et de lecture.



Digramme et trigramme

    Un digramme est un assemblage de deux signes (généralement deux lettres dans un alphabet), diacritiques non comptés, qui forme un unique graphème et qui ne peut pas s'interpréter par la valeur de chacun des signes pris isolément.

    Il peut ainsi représenter un unique phonème, ou bien une suite de phonèmes (exemple : diphtongue) différente de la succession des phonèmes représentés par chacun des signes.

    Dans le cas d'un assemblage de trois caractères, on parle d'un trigramme.
Attention
    Tout digramme est un graphème mais tout digramme n'est pas considéré comme une lettre.

    En effet, dans certaines langues le digramme reste considéré comme deux lettres séparées (cas du CH français).
    Au contraire, dans d'autres, les digrammes fonctionnent comme des lettres nouvelles qui ont leur propre place dans le classement alphabétique (cas du C'H breton).

    Il est a noter que certains digrammes ont été créés spécialement pour réunir, dans un même graphème, deux variantes locales d'un même phonème : le digramme breton ZH indique un phonème prononcé /z/ en Cornouaille-Léon-Trégor et /ɦ/ en pays vannetais.
    Le gallo possède plusieurs digrammes (ae, ll, qh, gh) mais ne sont pas considérés à ce jour comme des lettres (alphabet).

Hiatus

    En linguistique, un hiatus (du latin "hatius oris" bouche béante) est une succession de deux voyelles appartenant à des syllabes différentes, soit à l'intérieur d'un mot (exemple en français : "aorte"), soit à la frontière de deux mots (exemple en français : "il va à ...")

    Considéré cacophonique, certaines langues comme le français cherche à éviter le hiatus soit en utilisant l'élision (français "l'appel" pour "le appel" ou "s'il" pour "si il") soit en insérant un caractère de liaison (français "vas-y" pour "va-y").

    Pour éviter le hiatus, le français peut ne pas accorder le genre entre deux mots, comme dans "mon âme" pour éviter "ma âme".

    Le gallo a un certain nombre de particularités avec le hiatus :

- il insère un caractère pour éviter le hiatus :
j'om z-eù (nous avons eu), vint z-aneys, je li z-ae dit (je lui ai dit), je la z-eu veù (je l'ai vue)
pour ne pas d-étr en retard (pour ne pas être en retard)
ca va y-étr faet (ça va être fait)
    Dans un cas bien défini, le pronom relatif qe sert aussi à éviter un hiatus : ca q'arive (ça arrive / ça survient).

- dans d'autres cas, malgré une orthographe permettant a priori d'éviter le hiatus, le gallo ne le craint pas; le gallo utilise le hiatus au lieu de la liaison : lez poules ont ponu (l "silence" ont), vouz ez aprinz (e "silence" aprinz).


Diphtongue

    Contrairement au hiatus, la diphtongue est comprise dans une seule et même syllabe.

    Elle doit également être distinguée du digramme, qui est une réalité graphique plutôt que phonétique : bien que les diphtongues soient souvent matérialisées par des digrammes, il n'y a pas de relation uniforme entre ces deux notions.

    La grande utilisation des diphtongues et triphtongues est une caractéristique importante du gallo.

Triphtongue

    Une triphtongue est un son voyelle constitué de trois éléments vocaliques dans la même syllabe.

    Le français moderne n'a pas de triphtongues. En revanche, on en trouve dans d'autres langues comme l'anglais ("diary", "flower"), le catalan, l'occitan, l'espagnol et l'italien ("suoi").

    Il est à noter que l'ancien français du XIIème siècle avait une triphtongue /eaw/ généralement notée par le trigramme "eau". Celle-ci-s'est finalement réduite à /o/ en français moderne tout en gardant trace de l'ancienne graphie ("eau", beau").

    En API, les triphtongues se notent à l'aide de trois symboles distincts, un pour chaque élément vocalique.

    Si le gallo ne possède que 2 triphtongues, en revanche le vocabulaire de ces triphtongues est important.


Signe diacritique

    Un diacritique ou signe diacritique (du grec "qui distingue") est un signe ajouté à une lettre ou un graphème.
le cas du français
    En français, un diacritique est ajouté pour :
- en modifier le son correspondant
        français : "cas", "âme"; "français", "tracas"

- distinguer le mot d'un autre mot homonyme
        français : "la pomme" , "je suis là"; "ou", "où"

- pour supprimer une lettre tout en gardant une trace historique
        français : en 1560, l'imprimeur tourangeau Plantin systématise l'usage de l'accent circonflexe pour remplacer le s, comme dans "tête" pour "teste", "forêt" pour "forest" (mais l'adjectif "forestier" n'a pas subit cette évolution)
    Les nombreux cas d'usage des diacritiques, avec leur cortège d'exceptions, retenus par les normalisateurs du français, rendent complexe l'apprentissage et l'écriture du français, ce qui contraint ces normalisateurs à évoluer au fil du temps.

    A titre d'exemple, l’arrêté du 28 décembre 1976 et les rectifications de 1990 autorisent l’accent grave au lieu de l’accent aigu dans les cas où la prononciation fait entendre un e ouvert. Ainsi on peut écrire "événement" ou "évènement", "allègement" ou "allégement", "je protégerai" ou "je protègerai", "aimé-je" ou "aimè-je".

    Le tréma a également évolué en français. Avec la réforme de l'orthographe de 1990, le tréma évolue et indiquerait plutôt que c'est la lettre sous le tréma qui doit être prononcée séparément ("ambiguë" devient "ambigüe").

    En revanche, les normalisateurs du français ne semblent pas connaître l'existence du ñ largement utilisé dans les langues romanes et celtique ...


Les signes diacritiques en gallo
    Comme le français, le gallo place le signe diacritique au-dessus ou au-dessous de la lettre.

    Contrairement au français qui privilégie l'écriture au détriment de la lecture, l'Académie du Gallo n'utilise le signe diacritique que pour modifier le son du mot.

    L'avantage de cette approche est d'une part de rendre l'usage des diacritiques simple (optimisé), et d'autre part, celà permet de préserver la richesse sonore de la langue.
  • L'accent aigu est utilisé pour fermer un son (gallo aprés; français réparer) sur la lettre e uniquement;

  • L'accent grave ` est utilisé pour ouvrir le son sur la lettre e (gallo règl; français père) ou pour indiquer une diphtongue sur la lettre u (gallo veù)

  • L'accent circonflexe ^ est utilisé avec les lettres a, o et u pour des allongements avec flexion éventuelle allant jusqu’à la diphtongaison.
    Pour prendre en compte certaines diphtongaisons locales, l'accent circonflexe est également utilisé avec les voyelles e et i.

  • Le tréma ¨ sur une voyelle indique sa prononciation (cantë).
    Dans un digraphe, il indique que cette voyelle pout être prononcée telle quelle en ignorant les voyelles qui l’accompagnent (reïc prononcé /re/ ou /ri/) ou même être diphtonguée (/raj/)

  • La cédille ¸ n'est utilisée que pour la lettre c (gallo leçon)


Ligature

    Une ligature est la fusion de deux graphèmes d’une écriture pour n’en former qu’un seul nouveau, et peut être considéré ou non comme un caractère.

    Le français connaît une ligature en propre, la lettre Œ / œ, dite "e" dans l’o". Son utilisation dépend entièrement de l’étymologie du mot et n'est pas considérée comme optionnelle ou systématique.

    Le gallo n'utilise pas de ligature.