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Académie du Gallo



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    ALBRAM : l'Atlas Linguistique et ethnologique

de la Bretagne Romane, Anjou et Maine





Un atlas linguistique permet de coucher sur carte différents phonèmes ou vocables à partir d’un échantillonnage de locuteurs sur un territoire déterminé. Le premier Atlas linguistique français fut réalisé par Jules Gilliéron, il y a plus d’un siècle. Puis, le CNRS sous l’impulsion de Dauzat s’y intéressa et c’est sous la direction de cet organisme que fut réalisé l’Atlas Linguistique de la Bretagne Romane de l’Anjou et du Maine, plus connu sous son acronyme ALBRAM. Celui-ci fut mené de main de maître par un linguiste passionné, l’abbé Gabriel Guillaume, de l’Université catholique de l’Ouest à Angers, avec l’aide précieuse de Jean-Paul Chauveau qui allait faire ses premières armes avant de devenir le linguiste chevronné que nous connaissons. Trois volumes vont être produits, regroupant un total de près de 1 000 cartes et dont la publication va débuter en 1975.

L’échantillonnage retenu pour la Bretagne romane comporte 75 lieux d’enquêtes, ce qui forme un maillage relativement dense puisque chaque témoin sollicité représente environ la valeur d’un canton. Ces enquêtes furent réalisées au cours des années 60-70.

Les notations sont effectuées à partir de l’alphabet phonétique établi par l’abbé Rousselot en 1887 et qui comporte nombre de signes diacritiques. C’est pourquoi nous avons ajouté un tableau d’équivalences API (Alphabet Phonétique International).

À chaque carte est jointe une note explicative concernant le titre de la carte et développant la question avancée auprès des témoins. S’y ajoutent des annotations supplémentaires que les témoins ont cru bon de donner au cours de leurs consultations. Ces notes sont aussi reprises d’enquêtes précédentes de l’ALAR (Atlas Linguistique Armoricain Roman), projet ayant précédé l’ALBRAM. Celles-ci sont très intéressantes car outre des apports phonétiques, on relève çà et là, des particularités grammaticales, syntaxiques notamment.

Dans le premier volume, la recherche porte sur la flore. En 1983, le deuxième volume poursuit ce thème et y ajoute la terre, le temps, la maison. Un troisième volume relatif aux outils spécifiques reste plus léger car certains sujets sont traités incomplètement.

Cartographiées, avec en fond les limites départementales, les données permettent à celui qui les étudie de créer des isoglosses et de mieux cerner l’aire d’emploi d’un lexème. Mais ce n’est pas uniquement le plan lexical qui est abordé car ce sont aussi et surtout des sons qui sont représentés, ce qui donne lieu à une meilleure compréhension de l’évolution phonétique et par conséquent, de l’histoire de la langue.

Aussi, nous sommes heureux à l’Académie du Gallo de pouvoir vous présenter, avec la permission de Jean-Paul Chauveau et des Éditions LABEL LN, ce qui reste un travail incontournable pour la connaissance du gallo.